
Le cloaque et les bas-fonds, un imaginaire et une historiographie à renouveler
Médiathèque Françoise Sagan
Colloque organisé par le Centre d'Histoire du XIXe siècle Ce colloque souhaite interroger et explorer la notion de cloaque, au croisement des espaces, lieux et acteurs qui l'identifient ou l'imaginent. Le terme désigne dès l’Antiquité romaine un conduit par où on fait s’écouler les eaux et les déjections des villes, soit le principe d’un égout. La signification du mot s’est toutefois élargie et transformée pour englober tous lieux destinés à recevoir des immondices, puis leurs emplacements géographiques et imaginaires au sein des mentalités urbaines.. De fait, cette notion semble cristalliser une diversité de réalités historiques et de représentations associées à des dynamiques sociales prégnantes au XIXe-XXe siècle (alcoolisme, enfermement, prostitution, mort, hygiénisme, déchets): Elle tend aussi bien à intégrer l’écoulement de liquides répugnants que la stagnation d’éléments qui rendent infectes le corps et l’âme : ainsi en est-il du sang des abattoirs de la Villette, ou de l’eau de Seine souillée, puisée et consommée. Elle permet aussi de figurer, pour les lecteurs, des conditions météorologiques très défavorables, impliquant la boue, la pluie, la terre, dans un récit de course cycliste très pluvieuse, en 1892. Ce registre plus léger permet également d’envisager le sujet sous une lumière plus proche d’une certaine quotidienneté, et du lien avec la propreté et l’hygiène commune. Cependant, le lien entre boue, déjections, matières visqueuses et intempéries est également présent dans un contexte bien plus sombre et violent, lors de la Première Guerre mondiale, durant laquelle la tranchées, ce « purgatoire », devient un « gluant cloaque ». Au XIXe siècle, le mot renvoie à un lieu ou à un repoussoir malpropre et malsain, une « maison infecte », voire une « personne puante ». Intimement lié au monde du crime et des bas-fonds, le mot permet aussi de cloîtrer, au sens géographique, les habitants des cloaques dans un lieu imaginé mais tangible par la répugnance qu'il inspire. C’est notamment le cas des prisons, des convois maritimes de bagnards et du bagne lui-même. mais aussi de l’imaginaire très compact du Londres victorien, très propice aux fantasmagories sur le thème du cloaque et des bas-fonds, ankylosée par la figure de Jack l’Éventreur. Empli de cadavres, théâtres et perclus de rues étroites, ce Londres terrifiant ici reconstitué semble sortir de l’esprit d’un « magicien épris de fantômes et d’ombres » . Mêlant conférences, tables rondes, expositions et représentations artistiques, cet évènement se veut ouvert au plus grand nombre. Il sera conclu le 2 octobre par une reprise chantée de complaintes de prisonniers par Jean-François Heintzen (Maxou), puis par une visite collective de l’exposition dans laquelle s’insère ce colloque, Prisonnières - Les dernières années de la prison Saint-Lazare 1919-1932. Il est organisé par le Centre d'histoire du XIXe siècle en partenariat avec l'association Histoire et vies du 10e , la Bilipo , la médiathèque Françoise Sagan et Criminocorpus et lauréat d’un Bonus Qualité Recherche de Paris 1 Panthéon Sorbonne.
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