
Œdipus
Rue du Sceptre 78, 1050 Ixelles
Si on n’échappe pas à son Destin, peut-on lui survivre ? Frisant la satire, entre pouvoir, pollution et secrets de famille, Héloïse Ravet s’empare de la relecture fiévreuse du célèbre mythe grec par la dramaturge allemande Maja Zade. Christina gère une entreprise de produits chimiques en Grèce, jusqu’à ce qu’une enquête soit ouverte pour mesurer le réel impact environnemental de sa société et les conséquences sur la santé. Des tensions apparaissent au sein de son propre clan – une rixe entre son frère et son employé qui est aussi son amant et le père de son futur enfant – et des vérités enfouies ressurgissent à la surface : chaque personnage porte les stigmates des violences explicites et celles qui ne disent pas leur nom. La parole sera-t-elle l’échappatoire salvatrice face à la fatalité ? Quatre interprètes entrent et sortent à l’envi d’une arène centrale – un dispositif circulaire et d’une simplicité efficace, qui tient autant des traditions antiques que du théâtre de tréteaux –. Chacun·e s’intègre à l’action au cœur de l’agora ou en devient spectateur·ice, redéfinissant un espace centré sur le mouvement. Tous·tes sont avenant·es, sympathiques voire attachant·es de prime abord, une image qu’Héloïse Ravet s’amuse à écorner en réutilisant quelques codes du cirque. Dans la tragédie œdipienne réécrite par Zade, c’est la mère-épouse du héros éponyme qui est au cœur de la pièce. Ici, la veuve effacée fait place à l’archétype de la boss lady sous les traits de Christina. Œdipus met en œuvre les rapports de pouvoir et de prédation, le viol, les castes déconnectées et incestueuses. Le mythe s’ancre dans l’ère #MeToo et de la parole libérée.
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